PERF
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Programme .perf réalisé dans le cadre du Printemps Carougeois

Dimanche 24 avril, 15h à 19h aux Halles de la Fonderie, Carouge

Zhana Ivanova
Fugue, 2012-2016

Performance, 4h
Performeurs: Vincent Artison, Terence Carron, Dyllan Ferreux,
Richard Gauteron, Patrick Mangold, Branko Miliskovic

Les six performeurs, qui s’apparentent à des agents de sécurité, évoluent dans un décor qui présente quelques éléments narratifs, entre espace administratif, intérieur domestique, salle d’attente, il reste néanmoins énigmatique. Un univers oppressant est créé par les déplacements, les gestes et attitudes des performeurs, familiers, parfois caricaturaux, ils surveillent. La chorégraphie est basée sur un script que l’artiste a écrit selon les principes de la composition d’une fugue musicale.

Sarah André & Marie-Luce Ruffieux
Nirvana moins grave, 2016

Installation sonore (11’38’’), divers matériaux
Voix : Gael Kyriakidis, Marie-Luce Ruffieux

Tout se joue lors d’une séance de psychothérapie. Les questions-réponses, avec les silences qui caricaturent ces moments, donnent lieu à des descriptions très imagées et des bribes de narration qui divaguent, tendent à l’absurde et dialoguent avec les objets-sculptures installés dans l’espace, qui sont eux presque surréalistes. Objets et paroles amènent des collisions de sens, une dualité… « … mon être profond se déroule en continue.. je n’ai aucune limite.. » Il est question de politique, de manifestation. La description d’objets ou de situations conduit à des métaphores loufoques qui font allusion à un espace intérieur, déploient un semblant de portrait psychologique... « une grosse manif monte en moi.. » … « …il dort avec des questions dans la main ».

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Et une diffusion de vidéos: Judith Albert, Mare mosso, 2015; Nino Baumgartner, Tinguely Maneuver, 2015; collectif_fact, Expanded Play Time, 2004; Véronique Goël, Agbar, 2005; Mandy KrebsTake for Granted, 2013; Delphine Reist, Averse, 2007

Mandy Krebs
Take for Granted, 2013

Vidéo 4K, mono, 8’19’’
L'artiste explore la manière dont l’architecture définit un espace social et exerce une certaine contrainte sur le déplacement des corps ainsi qu’il définit ses représentations. La caméra évolue dans un complexe de bureaux aux éléments purement fonctionnels, dénué de présence humaine à part les deux jeunes femmes qui exécutent des mouvements précis. Ces dernières sont serrées dans des tenues standardisées, et si quelques attitudes féminines transparaissent, elles ne semblent être que des véhicules de l’ordre et de la symétrie qui règnent dans ces espaces.

collectif_fact
Expanded Play Time, 2004

Vidéo, modélisation 3D, images de synthèse bande son originale, 4’57’’
Collection du Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève, n° inv. 2009-001
En spatialisant une scène de film, la séquence de la salle d'attente dans Play Time de Jacques Tati (1967), la vidéo montre une unité de lieu simultanée à tous les plans. Petit à petit, un espace cinématographique se construit, l’action d’un plan une fois terminée laissant derrière elle la trace du décor dans lequel elle s’est effectuée. Les artistes sur-jouent l'aspect froid et comique d'un espace architectural rationnel. « Playtime est un film de la démesure dont le sujet est d’abord l’excès de rationalisation jusqu’à l’absurde du monde moderne ».

Judith Albert
Mare mosso, 2015

Vidéo monobande, 3’39’’
De multiples espaces et perspectives convergent dans cette vidéo. Une figure humaine avance en équilibre sur un horizon et l’image bascule entre une bi- et tridimensionnalité, de même que la surface de projection - ou l’espace virtuel - est déchirée petit à petit par une autre présence humaine qui semble à l’origine de la narration et de la poésie de l'action.
 
Nino Baumgartner en collaboration avec Sebastian Matthias
Tinguely Maneuver, 2015

HD-vidéo, 4’54’’
La caméra suit un parcours sous-marin en rencontrant d’étranges créatures de fer et bizarreries automates. On peut y voir l'évolution d’un personnage de jeu vidéo dont les mouvements sont entravés par des obstacles. De même que dans les actions que l'artiste réalise en public et qu'il appelle Maneuver, il y a un processus à suivre et un but à atteindre. Ici, l’action revisite un monument bâlois des années 1970 créé par l'artiste suisse aux « machines sculptures qui entretiennent une conversation bruyante avec le spectateur ».

Delphine Reist
AVERSE, 2007

Vidéo sur support DVD, PAL, couleur, stéréo, 5’
Collection du Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève, n° inv. 2009-026
« Une pluie de lumières tombe dans un local désaffecté. (...) A chaque néon qui se brise le lieu s’assombrit un peu plus. La chute, toujours imprévisible, entraîne la séquence vers sa fin inéluctable, l’obscurité. (...) Comme dans l’ensemble du travail de l'artiste, la présence de l’homme est invisible, les objets semblent mûs par eux-mêmes. Chaque néon tombe comme animé d’une volonté de destruction. La disparition progressive de la lumière redessine différemment le lieu à chaque étape. »
Extrait d'un texte de Patricia Maincent

Véronique Goël
Agbar, 2005

Vidéo DV Cam, 4/3, couleur, mono, 10’45’’
Collection du Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève, n° inv. 2012-008
« Sensible aux mutations des lieux, Véronique Goël repère les aspects idéologiques véhiculés par l'architecture et l'urbanisme. Son écriture cinématographique articule fragments de mémoire collective et individuelle, invitant à questionner l'histoire des formes et ses enjeux politiques et sociaux. » Ici, trois récits plurilingues et un plan fixe sont construits autour de la « Torre Agbar » que Jean Nouvel a conçue à Barcelone (2004). Le premier récit est tiré de l’affiche promotionnelle de la Ville de Barcelone, le deuxième est une liste descriptive de la fonction d’utilisation des étages et le troisième est la description de la tour par Jean Nouvel lui-même.

 

Curatrices: Madeleine Amsler, Marie-Eve Knoerle

Avec le soutien de la Ville de Carouge

Photographies: Sonia Chanel et Irina Popa


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